Constitution européenne

dimanche 24 octobre 2004
par  daniel

Vous avez dit "Constitution" ?
- Une Constitution, est un acte fondamental, aboutissement des travaux d’une assemblée constituante.
- Une Constitution, détermine le type de société dans laquelle nous voulons vivre : qui décide, comment sont élus les décideurs, pourquoi faire, le rythme de renouvellement des chambres ...
Par exemple, la Constitution du 28 septembre 1958, modifiée le 6 novembre 1962, expose (suite : lire l’article ...)

Vous avez dit "Constitution" ?

- Une Constitution, est un acte fondamental, aboutissement des travaux d’une assemblée constituante. - Une Constitution, détermine le type de société dans laquelle nous voulons vivre : qui décide, comment sont élus les décideurs, pourquoi faire, le rythme de renouvellement des chambres ... Par exemple, la Constitution du 28 septembre 1958, modifiée le 6 novembre 1962, expose dans son préambule les principes fondamentaux qui se réfèrent à la Constitution du 3 septembre 1791, confirmés et complétés par la constitution du 27 octobre 1946.
Je vous rappelle ici son titre 1er :
" La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ".Elle assure l’ égalité devant la loi de tous les citoyens , sans distinction d’origine, de race ou de religion.
Elle respecte toutes les croyances.
Son principe est : Gouvernement du peuple par le peuple." Comme il est impensable de demander l’intervention de plus de soixante millions de français, nous fonctionnons sous le régime d’une démocratie représentative. A savoir, les représentants du peuple, élus par le peuple, font remonter vers le "Haut" les doléances du "Bas". C’est là leur mandat.
Sauf que, ces dernières décennies, nos représentants viennent doctement nous expliquer "ex cathedra [1]", qu’il est de notre devoir de citoyen de respecter les décisions des gens d’en "Haut", car eux, savent. Ils veulent nous imposer ce "toujours plus" libéral où, pour beaucoup, scoumoune et fatalité font des grumeaux. Ce n’est pas là leur mandat qu’ils outrepassent. - J’en appelle à Jules Michelet  [2] : "Chaque matin et chaque jour, mille ans, davantage peut- être, la tour fut maudite. Un jour vint qu’elle tomba.".
Pour Michelet, la tour était le donjon. Endroit stratégique où étaient rangées les pièces comptables, administratives, judiciaires, fiscales ... du territoire dont le seigneur avait l’apanage et l’entière autorité. - Nous voilà devant une autre Constitution. La Constitution européenne. Mais est- ce bien d’une Constitution qu’il s’agit ? Cette Constitution est-elle issue d’une assemblée constituante ? Non !
Ce texte a été élaboré par une poignée de "fondés de pouvoir", pas tous élus. Ce pensum [3] qui nous est proposé, que nous avons la quasi obligation d’entériner par notre vote, n’est ni plus ni moins qu’un "rapport d’experts" (experts en quoi ???), dans lequel le pouvoir politique est tenu par une petite oligarchie [4] d’énarques et de propriétaires, jamais en retard d’une mauvaise idée. Cette Constitution propose-t- elle comme principe une démocratie représentative ? Non !
Tout d’abord la monnaie. Elle est dans les mains, sans aucun contrôle possible, de la toute puissante banque européenne le "Donjon moderne". Les états membres, comme jadis, rendent le culte à Mammon [5], la divinité de l’argent, le veau d’or qu’est la banque centrale et disent amen. Le parlement, nous dit-on, va avoir des pouvoirs supérieurs. Voire ! Ce fameux parlement, amélioré, ne pourra voter que des lois décidées et proposées par la divine commission européenne et ses commissaires non élus dont la plupart, aux postes stratégiques, sont les tenants de l’idéologie dominante, celle qui vante sans partage les mérites du seul marché libéral et qui de plus sont pro-Américains. Alors, pourquoi appeler pompeusement "Constitution" un document qui n’édicte aucun principe constitutionnel et fabriqué dans le secret des cabinets ? Tout simplement, à mes yeux, afin de lui donner un caractère intangible. Il deviendra anticonstitutionnel de remettre ce texte en cause. Sauf à l’unanimité des états membres. Autant dire jamais. La réussite d’une telle entreprise repose sur l’adhésion du peuple aux valeurs qui lui sont proposées et même, quasiment imposées. Aux valeurs ! Aux valeurs ! on m’a volé ma "causette". C’est à dire le débat, qui est tronqué, biaisé, truqué. Partout ! Après l’assentiment par le vote, il sera trop tard. - "La télévision nous gave d’images créées par d’autres et qui nous sont imposées. Il en résulte une uniformité qui stérilise les échanges." (Albert Jacquard). Et, aujourd’hui, la majorité d’entre nous se contente de rejeter les objets de son écoeurement. La seule boussole, dans le désordre du déferlement médiatique, des pensées intimes, c’est le consensus de la répugnance qui désigne : "le nazisme, les totalitarismes en général, l’antisémitisme, la barbarie des attentats ..."
- Mais, démonter les mécanismes de ces systèmes et y appliquer notre intelligence afin d’en tirer des enseignements et des vérités positives, voilà qui nous fatigue d’avance.
- Du coup, notre indignation "maintien pour ainsi dire l’erreur, l’horreur, sous l’eau, mais sans les détruire" (Chantal Delsol).
Entre l’indignation, la consternation, la résignation, nous n’avons que l’embarras du choix. Pourtant, pas trop tard, il faudra bien opposer à l’esprit d’autorité, la liberté d’esprit, le réveil de la vérité plutôt que l’insistance dans l’erreur. - Alors, pourquoi ne pas inverser les propos de Blaise Pascal qui déjà disait : "Et ainsi, ne pouvant (ou voulant) que ce qui est juste fut fort, on a fait que ce qui est fort fut juste".
Et ceci nous renvoie au titre 1er de la Constitution de 1958 et à notre liberté de conscience et de choix.

Alès, le samedi 09 octobre 2004

Pour m’écrire cliquer sur ==> Daniel Brousse

A lire :
- articles 19- 22- 25 alinéa 2 et 51 de la Constitution européenne
- "Le soucis contemporain" par Chantal Delsol (ed. complexe)

[1] Ex cathedra : du haut de la chaire, d’un ton doctoral, dogmatique.

[2] J.Michelet - Histoire de la révolution française : "La France armée" 1789.

[3] Pensum : travail ou besogne intellectuelle ennuyeux, pénibles.

[4] Oligarchie : régime politique où l’autorité est entre les mains de quelques personnes ou quelques familles puissantes.

[5] Mammon : mot araméen qui dans la littérature juive et chrétienne personnifie les biens matériels dont l’homme se fait esclave.