Formation en Alternance

mardi 30 novembre 2004
par  daniel

Libre propos
A en croire Jean Marc Huguet, psychosociologue au CNRS, former n’est pas enseigner. C’est donner une forme à une identité professionnelle. Se former, c’est accepter de se transformer. Et c’est là où commence la difficulté.

Formation en Alternance

1 - Libre propos
A en croire Jean Marc Huguet, psychosociologue au CNRS, former n’est pas enseigner. C’est donner une forme à une identité professionnelle. Se former, c’est accepter de se transformer. Et c’est là où commence la difficulté. Chacun certes, sait qu’il peut changer mais, toujours d’après J.M. Huguet, dans une certaine économie de remise en cause. Si l’on veut traiter de formation, c’est ce facteur humain qu’il faut prendre en considération et bâtir un cahier des charges fonctionnel qui prennent en compte les "Phénomènes" de solidarité et de pression collective. D’ailleurs Jacques Delors [1] dans son livre blanc "Défis et pistes pour rentrer dans le XX ième siècle" (commission des communautés européennes), intitule le chapitre 7 en faisant le distinguo entre : "Adaptation des systèmes d’éducation" et "Systèmes de formation". Il propose des ouvertures intéressantes comme par exemple de mettre en place des actions préventives concernant des personnels de qualifications modestes dont l’emploi est le plus probablement en danger (piste ouverte par plusieurs états membres). Toutefois signale Jacques Delors, il est nécessaire de préserver un niveau de connaissances générales permettant une adaptabilité suffisante et évitant l’hyperspécialisation. Ce serait un mauvais calcul de vouloir faire des économies en sacrifiant l’enseignement initial au profit de la formation par alternance. La culture générale est une vraie "culture émancipatrice" Pour en revenir à la formation, ce choix politique doit permettre : - Une meilleure adaptation des compétences à l’évolution des métiers, des marchés et des besoins sociaux. - Une qualification des jeunes et requalification du personnel dégagé par les hausses de productivité liées au progrès technologiques (livre blanc). Une réalité s’impose. Quatre vingt pour cent de la main d’oeuvre européenne de l’an 2000 se trouve aujourd’hui, déjà, sur le marché du travail. Il faudra donc s’appuyer sur l’éducation permanente et la formation continue ce qui immanquablement doit entraîner une réorganisation des ressources éducatives.
2 Annexe - Conclusion
Phénoménologie [2] - Philosophie Comme relevé dans le libre propos, les remises en cause, même acceptées, se font pour la plupart dans "l’économie de l’investissement personnel" car toute entité professionnelle a ses normes de groupe. Et c’est vrai qu’il est généralement plus difficile de modifier les habitudes professionnelles, ou autres, d’un groupe, que celle d’un individu pris isolément. Les personnels de l’éducation nationale n’échappent pas à ce phénomène qu’est la résistance aux changements. Le comportement face aux changements relève d’une ontologie [3] directe. Ce n’est pas gratuitement que j’utilise le terme "état d’esprit", "maison", "esprit maison" (dans le développement de l’analyse) et je me pose la question de savoir si la fonction principale de notre problème ne serait pas la fonction "d’habiter". Comme le souligne le poète Noël Arnaud, l’Etre se dissimule sous la similitude (l’état d’ébauche) et la question est de savoir comment le faire sortir de sa maison pour qu’il "explose" à l’extérieur. Dans la "poétique de l’espace" Gaston Bachelard cite les courts travaux de Jules Michelet en ce qui concerne l’ornithologie. C’est le dedans du nid qui impose sa forme. "Au dedans, l’instrument qui impose au nid la forme circulaire n’est autre chose que le corps de l’oiseau. C’est en se tournant constamment et refoulant les murs de tous côtés, qu’il arrive à former le cercle". La femelle, tour vivant, creuse sa maison. Le mâle apporte de l’extérieur des matériaux hétéroclites, des brins solides. De tout cela, par une pression active, la femelle fait un feutre. Et pourtant, un jour, l’oiseau se jette dans le vide. Encore G.Bachelard. Comme pour évoquer les valeurs d’intimité, il faut induire le lecteur en état de "lecture suspendue". En l’occurrence, le volontaire pour une action, dans le domaine qui nous intéresse, doit aussi pouvoir construire sa propre image de ce qu’il envisage. Alors, comme l’expose Eugène Minkowski, l’âme de l’intervenant connaîtra ce "retentissement" qui rend à l’être l’énergie d’une origine. A la suite d’un long questionnement sur comment "faire passer l’A.V. [4]", je me demande si là, ne réside pas le chaînon manquant capable de rédimer [5] les résistances au changement. C’est pourquoi j’en viens à proposer l’expérience d’un phénoménologue qui nous aiderait à comprendre, mais aussi à construire des outils. Cette piste qui peut passer pour une digression incongrue doit, ce me semble, être explorée. Peut-être vient-elle d’une utopie, mais la poésie, l’image, le rêve peuvent aider à déverrouiller les comportements en apportant la confiance. A ce titre, j’ai inclus la "phénoménologie", qui n’est pas un outil analyse de la valeur, dans le schéma d’ensemble du projet.

Alès, le jeudi 30 décembre 2004

Pour m’écrire cliquer sur ==> Daniel Brousse
nota : Extrait repris d’une étude réalisée en janvier 1996 pour la MAFPEN, sur la "Formation en Alternance". Il s’agissait alors de reprendre une analyse du "Ministère de l’éducation, direction générale de la formation professionnelle et technique du gouvernement du Québec.

[1] Jacques Delors : Président de la communauté européenne jusqu’en 94/95.

[2] Phénoménologie : méthode philosophique développée par Husserl et visant à fondre la philosophie comme science rigoureuse.

[3] Ontologie : étude de l’être en soi, de l’être en tant qu’être, de son essence.

[4] Analyse de la valeur.

[5] Rédimer : racheter, sauver...