La République

mardi 2 novembre 2004
par  daniel

La République

Ces jours derniers bruissent à nouveau des airs de sixième république. C’est une antienne qui, comme un serpent de mer, remonte de loin en loin à la surface.

Après tout pourquoi pas ?

Tout dépend de ce que l’on veut mettre dans la corbeille de mariage.

La République a été proclamée 5 fois en France.

- 1 ière : du 21 septembre 1792 au 18 mai 1804. Elle fût nommée Convention, Directoire puis Consulat. Les documents officiels ont mentionné République jusqu’en 1806.

- 2 ième : 25 février 1848 au 1er décembre 1852.

- 3 ième : fût proclamée le 4 septembre 1870.

- 4 ième : fût instituée par la constitution du 27 octobre 1946.

- Nous sommes sous la 5ième République, approuvée par référendum le 28 septembre 1958.

République vient du latin "res publica" ; chose publique, intérêt général. La république est un état où le gouvernement est exercé par des représentants de la Nation, élus pour un temps et "RESPONSABLES" !!!

Voilà pour la définition.

La réalité est quelque peu différente où l’intérêt général se dilue dans le clientélisme, les corporatismes. Où les groupes de pression s’accrochent à leurs prébendes "bec et ongle" au détriment même de la santé publique (voir dernièrement le travail des lobbies du sucre et de l’alcool pour ne citer que ceux là), aidés en cela par des élus aux ordres avec leurs combines pré - cuites et sur congelées.

Nous pourrions croire être loyalement informés par une presse qui se dit libre, indépendante et qui ne perd aucune occasion pour le claironner. Sauf que, au mépris des lois, les moyens d’édition et d’information sont accaparés par une poignée de grands groupes. Ce qui constitue à mes yeux une perversion de la démocratie.

Tout cela se passe, il faut bien le dire, dans une indifférence quasi générale et cette passivité donne raison à Henri Queuille qui disait, sachant de quoi il retournait :
"La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent."
Il rejoignait en cela Paul Valery qui déclarait pour sa part :
"La politique c’est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde".

Et je ne suis pas sûr qu’il s’agisse là de simples boutades.

C’était sous la quatrième République. La cinquième, bien au contraire, n’a pas réconcilié le peuple avec "Le" politique. Si bien que, malgré les pépites "républicano-démocratiques", le trésor se dilue.
La devise même de la République "Liberté", "Egalité", "Fraternité" est caduque.

Liberté
On vit de plus en plus mal, en dépensant de plus en plus d’argent et on croit avoir besoin d’en gagner toujours plus. Choix dans le vote ? Le discours est biaisé qui s’évapore dans des Everest de démagogie, des pics de racolage, dans le genre pommade et badigeon de bons sentiments et de promesses jamais tenues. Sans oublier tous les "cumulards" et autres "pantouflards" accrochés à leurs postes comme des bernicles faisant de la résistance dans des assemblées transformées en chambre d’enregistrement.

Egalité
Qu’en est-il de cette fameuse égalité. Les hommes politiques surprotégés par l’immunité parlementaire, présentent un visage cyniquement enjoué et continuent à soutenir les grands propriétaires qui, selon l’air du temps, étatisent leurs pertes et privatisent leurs bénéfices sur le dos du contribuable désarmé, souvent désemparé et que personne ne voit.

Fraternité
Que sont les droits de l’homme en 2004 ? Sinon que ce sont les droits de l’exploitation capitaliste, libérale, le droit au travail qui tend, pour ceux qui en trouvent, à devenir le droit à la misère. Les droits de l’homme sont devenus les droits de l’homme... d’affaire. Le code du travail part en lambeaux.
Et le stock que l’on croyait fini des barbaries possibles est toujours bien alimenté. Encore mieux. Il est demandé aux travailleurs d’être heureux dans leur désarroi, leur misère et reconnaissants envers ceux qui en tirent profit.

Alors, une sixième République pourquoi ? Pour qui ?

Aujourd’hui, nous sommes dans les basses eaux politiques.
Je ne suis pas naïf si je peux être exalté. Je sais que l’homme est tiraillé entre ce qu’il est et ce qu’il doit être, entre l’interdit et l’obligatoire. C’est de tous temps une position difficile à tenir.
Comment trouver les nouveaux et bons représentants d’une nouvelle classe politique ? Où serait la garantie qu’ils auraient la sagesse et la fermeté ; la droiture tout en étant avisés ?

"Et si le courage était de réfléchir par soi-même, de penser à contre-courant, de vivre et se conduire autrement, de regarder le mal en face, de fixer son ennemi dans les yeux et de lui dire la vérité". (Bernard Henri Lévy)

Et si une partie de la solution était de porter à la représentation nationale des "Hommes d’opinion" et non des hommes de partis.
Ce serait déjà une révolution.
Les révolutions sont faites, quand elles sont faites, par l’alliance des plus opprimés avec ceux qui sont le plus conscients de leur aliénation et de celle des autres.

En tout cas, de prendre une position qui tient du manifeste stoïcien "Ne rien faire lâchement".
Et s’occuper enfin de nos affaires.

Résistance !

Alès, le mardi 02 novembre 2004

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