La politique un métier

lundi 25 octobre 2004
par  pedro

La démocratie en mauvais état
 
Dans la série de textes (1, 2, ..., n) traitant de démocratie, je n’évoque pas ce qui va bien, qui est louable, et qui peut honorer les personnels politiques, parce que :
- L’autosatisfaction ne fait pas avancer les idées ;
- Ce qui va bien recule de plus en plus vers l’arrière de ce qui ne va pas, tendant ainsi à devenir, si nous ne réagissons pas, l’arbre (du bien) qui cacherait la forêt (du mal).
Par ailleurs, le site est ouvert à tous ceux aussi qui voudraient pratiquer l’éloge ou la critique politique. Toutes les idées et propositions sont soumises à la critique et appellent le débat.
 
... SAUVONS LA DEMOCRATIE ...
 
La voix est prévue pour les internautes malvoyants => 
 
1 : La politique un métier !
 
2 : Citoyens responsables !
 
3 : Les mandats électifs
 
4 : Les institutions : Assemblée République
 
n : En attente de propositions des citoyens sur le site ...
 
 
1 : La politique un métier !
 
Préambule
 
Dans la série de textes (1, 2, ..., n) traitant de démocratie, je n’évoque pas ce qui va bien, qui est louable, et qui peut honorer les personnels politiques, parce que :
 
- L’autosatisfaction ne fait pas avancer les idées ;
 
- Ce qui va bien recule de plus en plus vers l’arrière de ce qui ne va pas, tendant ainsi à devenir, si nous ne réagissons pas, l’arbre (du bien) qui cacherait la forêt (du mal).
 
Par ailleurs, le site est ouvert à tous ceux aussi qui voudraient pratiquer l’éloge ou la critique politique. Toutes les idées et propositions sont soumises à la critique et appellent le débat.
 
Hommes et systèmes
 
Dans le texte suivant les individus [1] politiques ne sont pas en cause, ce sont les systèmes qui sont considérés.
 
En effet, les individus sont tous semblables. Ce sont les systèmes qui, en grande partie, déterminent leur comportement social.
 
D’une part, et pour simplifier, j’utiliserai la parabole : les individus sont tous exposés aux "maladies professionnelles en situation".
 
D’autre part, ici, comme partout, les responsabilités sont, à des degrés divers toutefois, communes à tous les individus :
 
- il y a ceux qui font : EUX les individus politiques ;
 
- et tous ceux qui laissent faire : NOUS tous les autres citoyens.
 
Donc, l’on ne peut jeter la pierre à personne. Ce ne sont pas les individus qu’il faut changer (c’est impossible de changer l’homme), mais ce sont les systèmes (nous verrons par ailleurs que c’est possible !).
 
Pourquoi exerce-t-on un métier ?
 
C’est pour pourvoir à nos besoins ; c’est-à-dire gagner de l’argent pour vivre.
 
A ceux qui diraient exercer un métier pour sa beauté, ou pour leur plaisir, ou par conviction [2] (politique ou idéologique) ou tout simplement pour s’épanouir -même si ces valeurs, à des titres divers, peuvent être présentes dans les métiers- je dirai que : l’on ne va plus leur donner la rémunération correspondante.
 
Alors, croyez-vous que ceux-là continueraient à exercer leur métier aussi noble soit-il, ou quelle que soit la force de leurs convictions ? C’est donc bien principalement pour l’argent qu’il nous procure que nous exerçons un métier.
 
Les politiques affirment [3] exercer un métier pendant leur mandat !
 
Donc, quand les individus politiques s’accordent à affirmer que "la politique est un métier", ils proclament ipso facto (et, pourrait-on dire en utilisant une expression devenue populaire : à l’insu de leur plein gré) qu’ils font de la politique pour obtenir une situation rémunératrice [4].
 
Or tout citoyen peut et doit faire de la politique, indépendamment de son métier de subsistance. Ce qui est surprenant, c’est l’existence de petites armées de militants bénévoles [5], au service de quelques individus rémunérés ; sans doute bien rémunérés puisqu’ils s’attachent si fortement à leur "métier politique".
 
C’est, pour une part importante, cet ancrage immodéré des personnels politiques à leur métier [6] qui interdit aux autres citoyens de prendre leur part de responsabilité dans la gestion de la République. En effet, une fois en place, les politiques "verrouillent leur système de métier" pour assurer au mieux leur réélection, et donc la pérennité de leur subsistance.
 
En conséquence, que devient la démocratie ?
 
Le gouvernement du peuple n’est plus vraiment exercé par lui-même, mais délégué à des professionnels.
 
Pourquoi pas, après tout ?
 
Il suffit de le savoir, et de l’accepter.
 
L’acceptons-nous ?
 
Mais alors, il ne faut pas espérer de professionnels autre chose que leur propension naturelle, voire honorable, à vouloir obtenir toujours plus d’argent, en produisant et vendant les "produits" les plus "commerciaux" et les plus populaires, pour ne pas dire les plus populistes, qui assurent leur pérennité et rapportent le plus [7]. Adieu décisions courageuses qui verraient expirer leur mandat ; les poussant vers d’autres métiers bien aléatoires aujourd’hui. A ma connaissance, les individus dans leur métier politique sont les seuls salariés qui définissent eux-mêmes les termes du contrat de travail qui les lie à leur employeur : conditions de travail, horaires de travail, durée du contrat de travail, avantages et défraiements divers et variés, et rémunération.
 
Quel beau métier la politique !
 
Et la démocratie dans tout cela ?
 
NB : Ne voulant pas me poser en donneur de leçon, je rappelle ici que tout citoyen, qui aurait des responsabilités politiques avec nos institutions d’aujourd’hui, tendrait vers les mêmes attitudes que les politiques en place qu’ils critiquent. Et que ce sont donc bien les systèmes et les institutions qui sont en cause (et qu’il faut faire évoluer) et non les individus. Dans de prochains articles je proposerai des voies de réflexions objectives pour essayer de sortir de cette logique de système qui met à mal la démocratie.
 
Suite : C’est à vous de parler, tant que vous le pouvez encore : il appartient à chaque lecteur de faire la critique de cette approche, afin d’engager et entretenir le débat d’idées, et tenter ainsi de faire évoluer la démocratie dans la paix ...
 
Alès, le mercredi 13 octobre 2004
 
Pedro Miras
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MP3 - 1015.1 ko


[1] J’emploie le mot individu au lieu de hommes et femmes, parce que ce mot n’est pas sexué

[2] J’ai souvent constaté l’oubli des convictions, devant l’électoralisme. Elles ne résistent pas au besoin de se faire réélire pour assurer le maintien dans le "métier politique".

[3] Ecouter notamment la déclaration, forte et sans ambiguïté, du ministre des Finances sur "France Inter" le mercredi 13 octobre 2004 (entre 8h et 9h).

[4] N’entend-on pas dire ici ou là que la politique est presque le seul métier où l’on peut gagner le plus avec le moins de diplômes ?

[5] Surprenants bénévoles ? Enfin, si l’on excepte, pour les plus zélés, la quête de "petits" avantages (embauche de mon fils ici, de ma fille là, et mon problème de permis de construire, et beaucoup d’autres contreparties non négligeables, etc.), sans oublier les fameux emplois fictifs. Quand aux plus sincèrement dévoués et désintéressés, combien sont-ils encore ? A quoi les reconnaît-on ? Quel est l’état de leur moral aujourd’hui ?

[6] Pour de l’argent : ils sont donc plus vénaux, et plus (ou d’abord) à leur service, qu’au service de leurs concitoyens.

[7] Le trait est forcé, voire caricaturé pour retenir l’attention et faciliter la compréhension du plus grand nombre.


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