Lettre ouverte aux étudiants

jeudi 28 février 2008
par  pedro

Lettre ouverte aux élèves ingénieurs
et aux étudiants des universités
Lettre ouverte aux élèves ingénieurs et aux étudiants des universités,

Il y a une vingtaine d’années, j’ai lu dans un périodique, et émanant de l’illustre polytechnicien le Professeur Albert JACQUART (1945), un témoignage selon lequel certains de ses camarades, formés à servir l’Etat si bien et sans condition, avaient servi le gouvernement dans les années 1940 avec un zèle parfait et innocent peut-être (c’est possible, voir la suite).

J’ai cru comprendre à l’époque que la rigueur scientifique encadrée par une forte discipline formelle et peut-être psychologique, était responsable de l’annihilation du sens critique ; mais comment, et avec quelle part de responsabilité des individus ?

Je ne tente pas de réveiller ici de mauvais souvenirs, j’essaie au contraire d’être constructif par un effort insensé dans le cas contraire, et de voir comment on pourrait améliorer la maîtrise de nos comportements.

Aujourd’hui, à la lecture du Professeur Elkhonon GOLGBERG "Les prodiges du cerveau ou comment l’esprit se bonifie avec l’âge", je pense avoir commencé à comprendre en fait que le processus psychologique qui gouverne de tels comportements, serait déterministe ? (Sous toutes réserves de ma propre interprétation peut être audacieuse et même erronée ?)

Donc, si j’ai bien compris E GOLGBERG, quand l’on abreuve l’hémisphère droit du cerveau de formes nouvelles (concepts, schémas, théories, discours, etc.) dont il serait en charge de leur décodage, les individus brillants, et les autres, verraient ces formes en quelque sorte "transférées" et stockées dans l’hémisphère gauche de leur cerveau pour y devenir, dans leurs principes structuro fonctionnels, des peut-être incoercibles attracteurs, destinés à resservir au besoin.

Ainsi, devant des situations (formes) que l’hémisphère gauche du cerveau reconnaîtrait comme ayant une structure non totalement inconnue, l’individu réagirait d’une manière conventionnelle. L’analyseur dynamique de situations nouvelles que constituerait l’hémisphère droit du cerveau s’en tiendrait à l’effort minimum (la nature est économe), et s’en remettrait à son voisin l’hémisphère gauche, se contentant de l’assister pour la mise en œuvre des réponses "déjà connues".

Bon, j’arrête là. Mon propos n’est pas de faire du scientisme, je ne suis ni philosophe ni scientifique. Je ne suis qu’un obscur et modeste citoyen qui tente d’assumer sa citoyenneté. Et pour cela je vous propose deux questions :

- Les sciences ne sont-elles pas, lorsqu’elles ne sont préoccupées que d’elles même, le refuge confortable de la conscience, et par là la négation de la citoyenneté ?

- Le site Assemblée République n’est-il pas de nature à équilibrer, par l’exercice qu’il propose, sciences et citoyenneté, et à participer ainsi à la justification des sciences au service des citoyens ?

Vos avis critiques identifiés sont tous les bien venus.

Ah oui, et pour conclure, pourquoi je m’adresse à vous ? Parce que je pense que ce sont les ingénieurs qui seront, avec les universitaires, les tout premiers à initier et conduire la révolution pacifique nécessaire à la résolution des problèmes de notre temps, quand, ayant cessé d’être des "boulons ou OS des temps actuels", ils prendront le temps et auront la lucidité et le courage d’exercer leur citoyenneté.

Pedro

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