Plan de Prévention des Risques Inondation

jeudi 22 juillet 2010
par  pedro

Le Gardon aura toujours le dernier mot !
Il départagera, si besoin est,
Les cupides et dangereux détracteurs du PPRI,
Et les citoyens conscients et désintéressés qui le soutiennent.
Préparons-nous !
Le GARDON a débordé souvent et il débordera encore … !
C’est pour cela que le PPRI est VERTUEUX.
___

Vous pouvez télécharger l’ensemble du dossier en fin de page :
- PLAN DE PREVENTION DES RISQUES INONDATION (2010)
- CONTRIBUTION AUX DEBATS SUR LE GARDON A ALES (2003)
Le GARDON à ALÈS

Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI)
Enquête d’Utilité Publique

Du 21 juin au 22 juillet 2010

Mairie d’Alès (GARD)

Contribution remise à
Monsieur le Président de la Commission d’Enquête

par Miras Pedro

Sommaire
 
*
Lettre à Monsieur le Président de la Commission d’Enquête
page 2
*
Annexe à la présente lettre
pages 3 à 22
*
Contribution aux débats sur le Gardon d’Alès du 26 août 2003
11 pages après la page 23

Le Gardon aura toujours le dernier mot !
JPEG - 29.2 ko La crue de 1958 passe par-dessus le pont Neuf et les parapets[1]

Le GARDON a débordé souvent et

il débordera encore … !

C’est pour cela que

le PPRI est VERTUEUX.

***

Miras Pedro 30100 ALES à
Monsieur le Président de la Commission d’Enquête
Mairie d’Alès 30100 ALES, le dimanche 20 juin 2010

Objet : - Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI)
- Enquête d’Utilité Publique
PJ : - Annexe à la présente lettre
- "Contribution aux débats sur le Gardon d’Alès" du 26 août 2003

Monsieur le Président de la Commission d’Enquête,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance les éléments suivants concernant le PPRI mis à l’enquête publique. Je soumets à la présente enquête des idées, que je crois utiles et constructives, et que je n’ai pas pu exprimer ou faire entendre antérieurement.
Le PPRI est si important que tous les événements possibles ou prévisibles doivent être examinés. Ce qui suit n’a pas la prétention d’être exhaustif, mais se veut simplement une contribution au respect de l’Intérêt Général.
L’annexe ci-jointe essaie de montrer qu’il est gravement irresponsable de donner à penser à la population qu’elle serait protégée des inondations par les travaux hydrauliques réalisés après 2002[2]. Tant il est vrai que l’on ne peut pas éviter toutes les inondations, tout au plus pouvons-nous atténuer leurs effets, et se préparer à gérer au mieux possible leurs conséquences catastrophiques.
Certains éléments développés ci-dessous peuvent paraître hors sujet. Toutefois, j’ai cru bon de les exposer pour essayer d’éclairer les avantages induits par le PPRI qui renforcent son intérêt et la chance qu’il représente pour l’avenir économique du Grand’Alès, et sa qualité de vie.
Si vous le souhaitez, je peux, à votre convenance, vous accompagner sur le terrain pour vous développer mon témoignage.
Ne doutant pas de l’intérêt que vous porterez à ma contribution, je vous prie de croire Monsieur le Président de la Commission d’Enquête, au profond respect que je porte à la difficile et très importante mission que vous assumez, ainsi qu’à votre propre personne et celle de vos co-enquêteurs : bon courage !

Miras Pedro

Nota :
- Les liens Internet figurant dans la présente lettre et son annexe renvoient tous à des textes et photographies qui concernent l’hydraulique du Gardon à Alès[3]. Je forme le vœu Monsieur le Président de la Commission d’Enquête que vous puissiez trouver le temps de consulter ces liens ; les lectures proposées sont courtes.
- Ceux qui soutiennent le PPRI, ont un "Allié" objectif de taille qui ne manquera pas, malheureusement, d’apporter la preuve du bien fondé de leur contribution :
Le Gardon !

ANNEXE à la lettre à
Monsieur le Président de la Commission d’Enquête,
Sommaire

0 – Préambule
1 - Communication de la ville d’Alès
1.1 - La lettre d’infos du Service de l’Urbanisme de la ville d’Alès - Mai 2010 –
1.2 - Réunion du mercredi 19 mai 2010 à 18 heures organisée au Capitole par la ville d’Alès
1.3 - Journal du Grand’Alès N°94 de juin 2010
1.3.1 - Les travaux réalisés depuis 2002
1.3.2 - Le développement de la ville compromis
1.3.3 - En matière d’agriculture
2 - Tract distribué dans le quartier de la Prairie début juin 2010
3 - Les interventions de l’Etat et de ses Services
3.1 - Les vertus de l’Etat
3.2 - Réunion publique du mardi 15 mai 18 h 30 à l’Ecole des Mines
4 - Efficacité des travaux réalisés depuis 2002 ?
4.1 - Débit amélioré ?
4.2 - Travaux à incidence hydraulique réalisés !
4.3 - Démobilisation des Alésiens !
4.3.1 - Le sondage d’opinion
4.3.2 - Les gains de hauteur d’eau
4.4 – Les travaux négligés
5 - Destruction des digues
6 - Contribution aux débats sur le Gardon à Alès, du 26 août 2003
6.1 - Les crues historiques
6.2 - Le pont Neuf
7 - Plan de Prévention des Risques Inondation
8 - Conséquences heureuses induites par le PPRI
8.1 - Sauvegarde des riches terres agricoles
8.2 - Une vraie perspective pour le développement du Grand’Alès
9 – Témoignages
9.1 - La zone commerciale de la Prairie
9.2 - Le chemin des Prairies
9.3 - La rue des Jardins
9.4 - La crue de 1907
10 - Proposition de compléments au PPRI
11 - Conclusion
12 - Remerciements

* * *

0 - Préambule
En matière d’hydraulique, il y a une situation de fait incontestable : les zones basses de la ville d’Alès en rive gauche, et les zones basses de la Prairie en rive droite, sont plusieurs mètres au dessous du niveau de crues, plusieurs fois connues, du Gardon.
Partout sur la terre où les hommes ont voulu domestiquer les éléments naturels, en particulier les rivières, il a été observé que la nature reprend toujours, un jour ou l’autre, ses droits ; et les rivières leur ancien lit majeur, quels que soient les ouvrages réalisés.
Les "vases" communicants naturels finissent toujours par communiquer.

1 - Communication de la ville d’Alès>

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les élus de la ville d’Alès n’aident pas à la nécessaire prise de conscience par les citoyens non avertis ; en effet !

1.1 - La lettre d’infos du Service de l’Urbanisme de la ville d’Alès - Mai 2010 -

Cette lettre insiste abondamment sur les contraintes du PPRI, mais ne développe pas ni ne met en exergue l’intérêt général qu’il représente. Elle précise : "… les services de l’Etat nous imposent de mettre à l’enquête un Plan des Risques Inondation …".
Je tiens à dire que tout citoyen responsable devrait être, sinon le promoteur du PPRI, au moins l’appeler de ses vœux. L’on ne peut que se féliciter de voir les Services de l’Etat faire du bon travail. Personnellement et beaucoup de personnes autour de moi, nous soutenons le PPRI !
Je souhaite, Monsieur le Président de la Commission d’Enquête, que cette lettre de la ville soit adjointe au présent dossier d’enquête.

1.2 - Réunion du mercredi 19 mai 2010 à 18 heures organisée au Capitole par la ville d’Alès

Brièvement. Avant la présentation du PPRI la réunion a débuté par la présentation des aménagements effectués depuis 2002. Les documents présentés tendaient, aux dires du présentateur, à démontrer l’efficacité des travaux hydrauliques réalisés ; le coût important semblant être un argument décisif !?
Après une présentation sommaire du PPRI, le débat qui a suivi a porté surtout sur ses contraintes. Un vocabulaire "guerrier" a été utilisé à plusieurs reprises (… nous allons nous battre …) pour tendre à réduire les contraintes du PPRI. Le présentateur indique qu’il ne croit pas à la destruction des digues par les crues du Gardon.
On peut résumer sommairement ce débat en citant une personne du public vers la fin de la réunion qui a dit quelque chose d’approchant : " … les travaux réalisés depuis 2002 protègent la ville … le PPRI ? …" (Voir pour plus de détails la vidéo et le compte rendu officiel).
Je n’ai pas ressenti clairement un effort particulier sur l’aide à la prise de conscience par le public des risques prévisibles et de leur mécanisme difficile à appréhender par le plus grand nombre, bien au contraire. Les intérêts particuliers prennent le pas sur l’intérêt général qui finit par être oublié[4].
Les discours entendus sont loin de ce que l’on peut lire des Services de l’Etat : "… renforcement de la conscience du risque par des actions de formation et d’information préventive des populations sur les risques pour favoriser la prise de conscience des risques et la mise en œuvre d’actions individuelles d’anticipation …"
Je ne me suis pas exprimé lors de la réunion au Capitole ni sur le cahier disposé en mairie parce que j’ai vécu la lettre de la ville et nombre de propos tenus en réunion comme méprisants pour la vérité et pour l’intelligence des citoyens, tant ils étaient orientés contre le PPRI et contestaient l’Etat et l’importante mission qu’il assume.
Je souhaite, Monsieur le Président de la Commission d’Enquête, que le compte rendu officiel de la réunion soit adjoint au présent dossier d’enquête.

1.3 - Journal du Grand’Alès N°94 de juin 2010

1.3.1 - Les travaux réalisés depuis 2002

A la page 3 de ce journal la ville reproche à la DDTM : "…de n’avoir pas tenu compte dans son PPRI des travaux colossaux effectués depuis dix ans dans le Gardon…". La ville semble ignorer ou contester la compétence des Services de l’Etat ? Aux paragraphes ci-dessous "4 - Efficacité des travaux réalisés depuis 2002 ? Et 6.1 - Les crues historiques" notamment, je donne quelques arguments qui démontrent l’incontestable pertinence du PPRI, pour lequel il est parfaitement fondé de ne pas vraiment prendre en compte les travaux hydrauliques déjà réalisés.

1.3.2 - Le développement de la ville compromis

Cette inquiétude est totalement injustifiée et orientée vers des satisfactions immédiates confer le paragraphe "2 - Tract distribué dans le quartier de la Prairie début juin".

1.3.3 - En matière d’agriculture

A la page 7 de ce journal l’article ’Une filière courte des" produits du terroir" émerge’ précise : "… le Pays Cévennes manque cruellement de terres et d’exploitants …". Les responsables de la ville se mettent de toute évidence en contradiction quand ils veulent urbaniser sur les rares et riches terres agricoles des plaines alluviales comme la Prairie pour la commune d’Alès en particulier.
Par ailleurs, dans le quotidien Midi Libre du mercredi 09 juin 2010 page 6, la Safer dénonce le gaspillage des terres agricoles. Par la voix de son président M Dominique Granier qui rappelle que : "… Le paysage est entrain de se miter et les gens ne voient pas ce qui se passe. En quinze ans, notre région a consommé 7,5 % de son foncier rural, soit trois fois plus que l’Allemagne. Dans ce pays quand on fait un parking de super marché, c’est toujours au dessus ou dessous, mais pas à côté comme ici. On est en état d’alerte, et on le dit ! …".

Le PPRI,
en neutralisant les terres agricoles, en les soustrayant à l’urbanisation,
est vertueux !

2 - Tract distribué dans le quartier de la Prairie début juin

Le trac émanant d’un "Collectif de défense" non identifiéet distribué dans le quartier de la Prairie début juin, craint : "… le futur anéantissement du patrimoine du pays cévenol, la ruine des divers propriétaires, entrepreneurs et leurs salariés … ". Or compte tenu de l’orographie de la commune d’Alès, il apparaît illusoire d’y prévoir intra muros un vrai développement : hauts reliefs au Nord et à l’Ouest, le Gardon dans la ville et les plaines inondables au Sud. Seul reste l’Est de la ville, mais l’on se trouve très rapidement sur les territoires des communes voisines.
Ainsi, ce n’est plus en termes strictement communaux que l’on doit raisonner, mais en terme de communauté de communes, id est Le Grand’Alès, confer le § "8.2 - Une vraie perspective pour le développement du Grand’Alès". Dans cette perspective, les entrepreneurs et leurs salariés verraient s’ouvrir devant eux un avenir plus florissant et plus respectueux de la vérité, des hommes et de leur environnement.
Les auteurs de ce tract ne sembleraient-ils pas davantage préoccupés par des considérations d’intérêts immédiats particuliers, que par la perspective d’un vrai développement d’Intérêt Général ?
Quant au patrimoine du pays cévenol, il se trouve incontestablement plus dans la préservation des terres agricoles du lit majeur du Gardon qui les a justement créées et enrichies dans leur pédogenèse et leur réserve d’eau d’excellente qualité.

A tous ceux qui s’accrochent aux terres agricoles qu’ils voudraient urbaniser, on pourrait demander de méditer ce qu’a dit Antoine de Saint Exupery : "on n’hérite pas la terre de nos ancêtres on l’emprunte à nos enfants."
Enfin, contrairement aux assertions gratuites de ce tract, je ne doute pas que nombre d’habitants de la Prairie, avertis et donc conscients des risques, viennent apporter leur soutien au PPRI.

3 - Les interventions de l’Etat et de ses Services

3.1 - Les vertus de l’Etat

Eu égard à ce qui précède (lettre, réunion, tract) il n’est pas inutile que figure au dossier d’enquête un rappel des vertus de l’Etat et de son Administration.
En effet l’Etat se préoccupe de l’intérêt général de la population, ici de la sécurité publique au regard des risques dus aux inondations. Il assure la continuité de la Nation, sa pérennité : les élus politiques, bons et mauvais, passent et l’Etat avec son Administration restent.
La question que l’on peut poser à nos concitoyens est la suivante : pourquoi nombre d’élus locaux finissent-ils par oublier l’intérêt général, quand ils l’ont compris, au profit de la défense d’intérêts particuliers aussi légitimes soient-ils ?
Avant que d’agir contre l’Etat et le PPRI les alésiens devraient lire l’excellent Rapport de Présentation des Services de l’Etat, sur l’analyse hydraulique du Gardon et de ses affluents.

3.2 - Réunion publique du mardi 15 mai 18 h 30 à l’Ecole des Mines

Lors de cette réunion les Services de l’Etat ont précisé que tous les calculs hydrauliques ont été fait dans l’hypothèse où tous les lits des cours d’eau étaient parfaitement propres et exempts de plantations et autres obstacles. Cette hypothèse n’étant malheureusement pas vérifiée il est certain que les niveaux des eaux seront plus hauts que les niveaux calculés.
Ces éléments doivent apparaître clairement dans le rapport du PPRI en précisant qu’il est impératif que les lits des cours d’eau doivent être parfaitement entretenus et dégagés de tout obstacle par les riverains : par l’Etat ou le Département (routes sur berges), ou la commune (voies sur berges ou espaces privatifs communaux), ou les particuliers, dans ce dernier cas il est indispensable de rappeler aux propriétaires leurs obligations qu’ils ignorent le plus souvent.
Ces dispositions me paraissent d’une importance telle qu’il serait nécessaire que le PPRI définisse les mesures à appliquer par chaque riverain avec les contrôles associés des Services de l’Etat.

4 - Efficacité des travaux réalisés depuis 2002 ?

Après la crue de 2002 il était nécessaire que la ville entreprenne d’importants aménagements hydrauliques dans le lit du Gardon. Cependant, les travaux réalisés, ne permettent pas de régler les problèmes d’inondation, et mériteraient d’être complétés par des aménagements de nature à assurer la pérennité de tous les ouvrages de protection et d’endiguement. A ce titre, mes propositions successives de discuter mes quelques idées avec les Services Techniques de la ville sont restées sans succès.

4.1 - Débit amélioré ?

La lettre visée ci-dessus §1 précise : "… grâce à une augmentation sensible des gabarits de passage de l’eau dans le Gardon, mais aussi dans le Bruèges et le Grabieux, et aux travaux de renforcement des digues et des ouvrages de la ville ...". Or, ce qui détermine essentiellement le débit du Gardon c’est la section hydraulique des ponts[5]. L’élargissement du Gardon entre murs et perrés n’étant pas possible, le curage du chenal de part et d’autre des goulets d’étranglement augmente surtout la capacité de stockage, au demeurant assez modeste, mais pas significativement, en la circonstance, le débit[6].

Quelques remarques de simple bon sens montrent que les travaux réalisés depuis 2002 ne règlent pas les problèmes d’inondation, et peuvent même les aggraver.

En effet le débit d’un conduit ou canal -ici le Gardon- est essentiellement déterminé par les réductions de section qu’il comporte. On pourrait dire de manière imagée que le débit d’un conduit ou canal est déterminé par la vanne de sortie de l’eau : plus la vanne est fermée, moins l’eau s’écoule, et pour que le conduit écoule son maximum possible il faut que la sortie soit (à des correctifs de vitesse près) aussi grande que le conduit.
Ainsi le conduit ou canal Gardon présente dans la traversée de la ville d’Alès de nombreux ponts constituant des étranglements s’apparentant à des "vannes" en grande partie fermées ; quand les vannes sont fermées le Gardon ne s’écoule pas, il déborde à l’amont[7].
A ce propos, contrairement à l’idée que la clinique Bonnefon aurait été inondée en 2002 à cause de graviers du Gardon en aval du pont Neuf, je précise, pour l’avoir vu, que l’inondation a été provoquée essentiellement par le débordement du Gardon sur le pont Neuf : étranglement important aujourd’hui accentué par la construction récente de piliers en rive gauche, sous le giratoire. Ce débordement a également provoqué l’inondation du quartier de la Prairie[8].

Les risbermes longitudinales au pied des ouvrages d’endiguement (mus, perrés …) occupent une section hydraulique non négligeable que l’on aurait pu éviter en adoptant d’autres solutions techniques : seuils et épis (voir par ailleurs les développements de ma contribution de 2003 Annexe 3 Les seuils). En outre la composition de ces risbermes (utiles en régime fluvial : écoulement de l’eau à faible vitesse), pour une rivière torrentielle comme le Gardon, leur confère une fragilité particulière pouvant, en cas de destruction aggraver les conditions d’écoulement, et même nourrir les embâcles au droit des ponts.

L’aménagement des affluents du Gardon, Grabieux et ses affluents, et de tous les autres ruisseaux, s’il apporte une amélioration pour leurs propres riverains, constitue pour le Gardon une aggravation de ses conditions d’écoulement : augmentation des débits et réduction des temps de concentration des eaux à la confluence de ces cours d’eau. On voit ici que les problèmes hydrauliques sont loin d’être faciles à maîtriser ; cette remarque est à rapprocher des affirmations péremptoires de certains aménageurs locaux qui ont une idée bien personnelle de l’hydraulique. Nous devons tous rester modestes devant les risques d’inondations et ne pas démobiliser les populations en leur faisant croire que les travaux réalisés protègeront valablement la ville.

4.2 - Travaux à incidence hydraulique réalisés !

A titre d’exemple non limitatif, l’aménagement du giratoire rive gauche du pont Neuf présente, par les importants piliers qui le supportent, un impact hydraulique important[9] : réduction significative du débouché hydraulique, création d’obstacles aux corps flottants et donc aggravation des embâcles et des submersions. Ces travaux ont-il fait l’objet d’une autorisation après enquête publique ?
JPEG - 113.5 ko
Photo 1 : Pont Neuf vue de la rive gauche amont (dimanche 20 juin 2010)

JPEG - 138.2 ko
Photo 2 : Pont Neuf vue de la rive gauche aval (dimanche 20 juin 2010)

Les deux photos ci-dessus montrent, avec le barrage, les piliers qui portent le giratoire rive gauche et réduisent et encombrent significativement la surface hydraulique de la travée. La situation est aggravée par les arbres de haute futaie qui peuvent nourrir les embâcles et contribuer à l’obstruction de la travée rive gauche.

Je souhaite, Monsieur le Président de la Commission d’Enquête, que l’Arrêté Préfectoral autorisant ces travaux soit adjoint au présent dossier d’enquête.
Je pense très utile d’étendre cette requête à l’ensemble des travaux hydrauliques effectués dans la traversée de la ville ; et en particulier pour la construction du barrage sous le pont Neuf.
Les études hydrauliques réalisées, au demeurant indispensables, ainsi que les sommes importantes dépensées, ne valent pas autorisation, donnée seule par les enquêtes publiques exigées par la Loi sur l’Eau.

4.3 - Démobilisation des Alésiens !

4.3.1 - Le sondage d’opinion

L’extrait ci-dessous du "Journal d’information du Grand’Alès" N° 28 montre clairement que les Alésiens approuvent les travaux réalisés depuis 2002 dans le Gardon et autres rivières pour limiter les risques d’inondation. Ce résultat montre que les Alésiens, mal informés sur ce qu’est l’hydraulique du Gardon, se croient mieux protégés et donc démobilisés devant les catastrophes qui les menacent.

Ne serait-il pas irresponsable, voire criminel de donner à penser aux Alésiens que les travaux réalisés depuis 2002 dans le Gardon et autres rivières les mettraient à l’abri de nouvelles catastrophes par inondations ?
JPEG - 628 ko
4.3.2 - Les gains de hauteur d’eau

L’extrait ci-dessous du "Journal d’information du Grand’Alès" N° 25 indique que : "… selon des estimations techniques, l’abaissement du niveau de l’eau du Gardon dans sa traversée d’Alès’ était de 1,20 mètre environ. …"
Or le rapport de la DDTM précise dans sa page 43 § 5.4.2.2 : "… Les niveaux d’eau calculés dans le cadre du PPRI … paraissent être équivalents ou légèrement inférieurs aux cotes indicatives de la crue de 2002 …"
Ce même rapport dans sa page 55 § 5.7.5.2 rappelle : "… pour une même crue, en l’occurrence celle de septembre 2002, les niveaux calculés dans la situation de 2006 sont inférieurs de quelques centimètres à ceux calculés pour la situation de 2002. Globalement ces niveaux sont inférieurs de 28 cm en moyenne sur tout le lit mineur du Gardon. Sur le tronçon Pont Neuf Pont de la Rocade, ils sont inférieurs d’environ 50 centimètres …"

On voit encore ici que les assertions du "Journal d’information du Grand’Alès" ne correspondent en rien aux calculs des hydrauliciens. Et contribuent à la désinformation des Alésiens et à leur dangereuse démobilisation.
JPEG - 1.2 Mo
4.4 – Les travaux négligés

Les responsables communaux semblent plus préoccupés par l’organisation de festivités aquatiques régulièrement renouvelées, même si elles présentent un intérêt, que par le nettoyage du lit du Gardon qui ne semble pas avoir la même régularité comme en témoignent la photo 1 ci-dessus et les trois photos 3, 4 et 5 ci-dessous. Une gestion responsable devrait pouvoir concilier l’intérêt ludique du Gardon et l’indispensable prise en compte de la sécurité publique au regard des inondations.
JPEG - 196.5 ko
Photo 3 : Vue du lit du Gardon entre la passerelle de la royale et le confluent du Grabieux (dimanche 20 juin 2010)

JPEG - 98.5 ko
Photo 4 : Vue du lit du Gardon à l’aval immédiat de la passerelle de la royale (dimanche 20 juin 2010)

JPEG - 162.7 ko
Photo 5 : Vue du lit du Gardon à l’amont immédiat de la passerelle de la royale (dimanche 20 juin 2010)

Ces photos montrent clairement que les embâcles peuvent être facilement et abondamment nourris par toute cette végétation quand elle est arrachée par les flots en furie. Les nombreux arbres de haute futaie, les plus dangereux, témoignent clairement que l’entretien n’est pas correctement effectué depuis longtemps (âge des arbres).

5 - Destruction des digues

Après avoir entendu, lors de la réunion organisée au Capitole par la mairie le mercredi 19 mai 2010 à 18 heures, que " … les digues ne pouvaient pas être détruites par la pression de l’eau sur les ouvrages … ", je crois nécessaire d’apporter quelques informations utiles. En effet, l’expérience montre que des digues peuvent être détruites très rapidement notamment de deux façons isolées ou concomitantes :
- Lorsque les flots submergent une digue ils provoquent, par effet de chute, l’érosion régressive de la partie arrière de la digue, le plus souvent non protégée. Ce phénomène d’une rapidité extrême qui attaque les ouvrages par l’arrière, provoque très vite leur instabilité et leur destruction. Quand les matériaux sur lesquels les ouvrages adossés s’appuient sont emportés, la pression évoquée injustement ci-dessus accélère, dans ce cas, leur destruction brutale. A ce moment là les eaux tumultueuses s’engouffrent dans la brèche entraînant des destructions par effet mécanique de l’eau, et la submersion de toutes les parties basses à l’arrière des digues : les anciens bras du lit du Gardon, son lit majeur.
- Les flots torrentiels, déferlant à des vitesses très importantes (de l’ordre de 4 mètres par seconde mesurés par des ingénieurs TPE en 1958 entre le pont Vieux et le pont Neuf au maximum de la crue), agressent, surtout au début de la crue (dès de faibles hauteurs d’eau), les fondations des ouvrages de protection provoquant des affouillements. Les fondations privées d’une partie de leur sol d’appui, peuvent entraîner rapidement l’effondrement des ouvrages de protection. Il est prévisible que les produits de ces destructions puissent aggraver les conditions d’écoulement, et venir provoquer des embâcles graves au droit des ponts.

Par ailleurs il faut considérer que les anciens murs d’endiguement du Gardon, bâtis en maçonnerie, situés en rive gauche en aval du pont de Resca, sur plusieurs centaines de mètres au minimum, sont fondés sur des pieux en bois. Cette technique efficiente, qui a fait ses preuves dans les fondations de nombreux ponts en France, nécessite impérativement que les pieux restent toujours immergés à l’abri de l’air et des cycles immersion (bois mouillé) et mise à l’air libre (bois séchant), pour éviter leur dégradation (ramollissement, pourriture … ?).
Or, les fondations de ces murs d’endiguement sont restées de nombreuses années nettement apparentes ; les pieux étant toutes ces années alternativement immergés et hors d’eau, et soumis aux agressions mécaniques des crues du Gardon, en particulier les faibles crues. Bien que des interventions de renforcement des fondations de ces dernières décennies aient été effectuées, la certitude que les pieux n’aient pas été altérés n’est pas établie. Il ne faut pas exclure que les fondations de ces murs présentent une certaine fragilité ?

Il faut observer également que ces murs rive gauche se trouvent dans une concavité du Gardon en courbe, à l’aval immédiat du pont de Resca. Dans ce contexte la Grand’Rue Jean Moulin (partie basse de la ville) présente un alignement tangent à la concavité du Gardon.
Cette configuration, après une destruction même partielle du mur sur pieux, favoriserait l’envahissement de la ville à cet endroit par les flots qui s’engouffreraient directement dans la Grand’Rue Jean Moulin avec une grande facilité et une grande violence ; l’endroit ne présente aucun obstacle (immeubles ou autres constructions) susceptible d’atténuer le phénomène.

Les Services de l’Etat rappellent fort justement que : "… Les nombreux retours d’expériences souvent désastreux … indiquent clairement que malgré le degré de protection théorique des digues, les espaces situés en arrière demeurent soumis à un risque important et qu’il convient donc de ne pas créer de nouveaux développements d’urbanisation à l’arrière des digues …".

6 - Contribution aux débats sur le Gardon à Alès, du 26 août 2003[10]
Cette contribution a été adressée à Monsieur le Préfet du Gard le 26 août 2003, qui m’en a remercié et la transmise pour examen et avis au chef de la délégation interservices de l’eau (DISE) ainsi qu’au Sous-préfet d’Alès pour être exploitée dans le cadre du débat sur le Gardon.
N’ayant jamais eu de retour la concernant, je vous l’adresse aujourd’hui pour qu’elle figure au dossier d’enquête. Je pense très utile, au titre de l’enquête sur le PPRI, que vous puissiez en prendre connaissance.
Remarque : En outre elle a été adressée au quotidien Midi Libre le 23 septembre 2003 qui n’a pas jugé bon de la publier, ou de l’exploiter même sous forme résumée.

Cette contribution expose des idées quant à l’aménagement du Gardon ; j’y ajoute aujourd’hui les compléments suivants.

6.1 - Les crues historiques

Extrait : " InondHis-LR : analyse régionale des précipitations et crues anciennes en Languedoc-Roussillon. InondHis-LR – Annexes du rapport scientifique – Le Gardon d’Alès à Alès"

Ce document est consultable au lien suivant :

  • Début de l’extrait …

Hiérarchisation des crues majeures du Gardon à Alès
Le classement des crues par ordre d’importance décroissante a été fait à partir des hauteurs que nous avons reconstituées ou trouvées dans les relevés hydrométriques. Le tableau ci-dessous présente ce classement.
Date H. en mètres Cote en NGF

20 septembre 1846
6,18
129,25
11 octobre 1861
5,80
128,87
30 septembre 1958
5,50
128,57
16 octobre 1907
5,20
128,27
9 septembre 2002
5,00
128,07
4 octobre 1958
5,00
128,07
28 septembre 1900
4,50
127,57
22 septembre 1890
4,00
127,07
27 septembre 1907
3,80
126,87
22 octobre 1891
3,70
126,77
Tableau 2 : hiérarchisation des crues du gardon d’Alès à Alès à partir des cotes

Ce tableau montre que les principales crues sont des événements anciens. La forte crue du mois de septembre 2002 ne vient qu’en cinquième position dans ce classement

•Fin de l’extrait …

Commentaire :
Cet extrait de rapport dit que les "… principales crues sont des événements anciens …" ; crues dont les hauteurs sont nettement supérieures à celles déjà catastrophiques de 1907, 1958, 2002. Ainsi, du fait même de leur ancienneté, n’y a-t-il pas fort à craindre que ces événements se reproduisent dans un temps proche ?
Les inondations du 15 juin 2010 dans le département du VAR, qui sont équivalentes à celles de 1827, nous rappellent douloureusement (25 morts, et de nombreux disparus) qu’une crue du Gardon, équivalente à celles de 1846 ou 1861, est parfaitement réaliste.
Les cotes indiquées ci-dessus montrent clairement qu’il est fort probable que l’on puisse subir à Alès une crue présentant une hauteur supérieure d’environ UN METRE à celle des crues du 16 octobre 1907 et du 4 octobre 1958. Dans une telle hypothèse, les eaux passeraient par-dessus les ponts à leurs accès pour inonder la ville et tous les quartiers bas le long du Gardon.

6.2 - Le pont Neuf

Le pont Neuf est, nonobstant les calculs hydrauliques, après constatation un point particulièrement critique par l’insuffisance de son débouché. Pour augmenter le débouché, si l’on exclut provisoirement la reconstruction totale (poutre en béton précontraint ancien dont la durée de vie est limitée), trois solutions par leur faisabilité rapide, peuvent être examinées :

1 - Déplacement du barrage du plan d’eau (confer les explications de la contribution jointe page 6 annexe 2 §3) ;

2 - Remplacement des imposants piliers portant le giratoire en rive gauche par une dalle épaisse, d’avantage satisfaisante sur le plan routier, et sans incidence hydraulique (pourquoi cette solution n’a-t-elle pas été examinée au moment de la construction[11] !? Aujourd’hui, une telle intervention ne serait sans doute pas comprise … ?) ;

3 - Construction d’une travée supplémentaire de décharge en rive droite. La portée d’une nouvelle travée et la longueur de reprise nécessaire des murs d’endiguement -amont et aval- peuvent être déterminées facilement, sans réelle difficulté technique ; la place est largement disponible sans réel impact significativement négatif. Une telle solution apporterait une amélioration du débit très importante du pont Neuf ! Eu égard à l’enjeu, la solution est parfaitement réaliste et faisable !
Une telle réalisation accompagnée du déplacement du barrage vers l’aval, au point de convergence du nouveau mur de digue, aurait pour conséquences induites heureuses :
  • D’augmenter la surface du plan d’eau pour le plaisir de tous les alésiens et pour l’attrait touristique.
  • De pourvoir à l’alimentation de la nappe phréatique de la Prairie pour, notamment, l’arrosage des terres agricoles définitivement protégées par le PPRI, et assurer sa pérennité.
  • Cette solution reste compatible, sans la remettre en question, avec la reconstruction du pont (au moins le tablier) qui ne manquera pas de s’imposer lorsque les aciers de précontrainte seront altérés.
Les problèmes de ressources en eau douce dans le monde commencent à préoccuper sérieusement et à juste raison, les hommes. Ainsi toute amélioration, et protection, et pérennisation de toute nappe phréatique est d’Intérêt Général[12].

7 - Plan de Prévention des Risques Inondation

Tout d’abord je relève quelques erreurs de rédaction sans conséquence dans le Rapport des Services de l’Etat :
- page 33 la légende sous la photo indique :"… passerelle des Prérasclaux et pont de la Royale (au second plan) …", en réalité au second plan il s’agit du Pont Vieux (anciennement appelé Pont Neuf -voir la photo-) et non Pont de la Royale ;
- par ailleurs au lieu de "… Malzons et Elze …" il faudrait lire "… Malons et Elze …".

Compte tenu de ce qui précède[13] il ne me paraît pas inutile de préciser et d’insister sur le fait que l’établissement du PPRI est une excellente démarche. Quand l’on est préoccupé par l’Intérêt Général, et uniquement par lui, l’on ne peut que considérer le PPRI strictement indispensable.
Son importance déterminante implique qu’il ne fasse aucune impasse sur les événements possibles. Toutes les situations possibles et réalistes, doivent être exposées et analysées[14] ; quel que soit le citoyen, qui puisse apporter l’information ou suggérer les idées.

En m’appuyant sur le témoignage ci-dessous (§ 9 alinéa d/) concernant les crues de 1907, je pense que le PPRI devrait mieux insister sur les embâcles prévisibles au droit des ponts voûtes en particulier (pont de Rochebelle et pont Vieux).
En effet en 1907, en grande partie, les digues rive gauche amont de la ville (Prés Saint Jean) et en rive droite au droit et en aval de la ville (Rochebelle, Prés Rasclaux, Prairie), n’existaient pas. L’eau a pu s’étendre et se stocker dans le lit majeur du Gardon en réduisant ainsi la hauteur et la vitesse de l’eau, limitant ainsi, s’il est décent de le dire en la circonstance, la catastrophe hydraulique dans la ville.
Mais aujourd’hui, à cause des endiguements réalisés, qui ont réduit les champs d’expansion et augmenté la vitesse des eaux, les conséquences d’une telle crue, toujours prévisible, seraient beaucoup, beaucoup plus dramatiques ; et il ne faut pas oublier la crue de 1846 rappelée ci-dessus avec une hauteur d’eau de 6,18 mètres.

L’ Enquête d’Utilité Publique permet notamment de vérifier les dispositions prévues par le PPRI et de permettre d’y apporter les éventuels amendements nécessaires. Le PPRI par sa mise à l’ Enquête d’Utilité Publique est un véritable document d’intérêt général et démocratique ; dont on ne comprendrait pas qu’il puisse être contesté.

Trop de personnes légitimement soucieuses de leurs propres intérêts, mais mal informées ou pire désinformées, ignorent et n’ont pas pris conscience que l’intérêt de chacun passe, pour avoir du sens et être pérenne, par l’Intérêt Général. Intérêt Général sans lequel, dans une société civilisée, il n’est point de Paix et de Progrès.

8 - Conséquences heureuses induites par le PPRI

8.1 - Sauvegarde des riches terres agricoles

Outre son objectif qui est "… de réduire de façon durable les dommages aux personnes et aux biens …", le PPRI par la neutralisation des riches terres agricoles assure leur sauvegarde, et avec elles la sécurisation des nappes phréatiques. Les riches terres agricoles, avec les ressources en eau, constituent des réserves d’un véritable intérêt stratégique ; même si elles devaient être transformées momentanément en espaces verts ou parcs publics, elles pourraient, en cas de nécessité, être très vite rendues aux cultures vivrières.
Les générations à venir, nos enfants et petits enfants … apprécieront, comme ce devrait être toujours le cas, que nous ayons pensé à eux.

8.2 - Une vraie perspective pour le développement du Grand’Alès

Les opposants au PPRI invoquent notamment le blocage du développement de la ville en réduisant les "surfaces constructibles" (confer la lettre visée ci-dessus) : "… une incidence certaine sur l’avenir de notre ville qui sera vraisemblablement freinée dans son évolution …". Hé bien ils ont tort !
En effet, bien au contraire le PPRI va obliger à prendre conscience que le développement du Grand’Alès, avec toutes les communes qui le composent et d’autres qui s’y joindront (et non pas la vision étriquée de la seule commune d’Alès), se trouve à l’Ouest du futur axe Nord-Sud (reliant Salindres et Vézenobres en passant par Mons et Méjeannes Les Alès), entre cet axe et l’agglomération d’Alès.
C’est le long de cet axe, essentiellement de son côté Ouest, que se présentent des territoires aptes à accueillir un développement urbanistique autrement ambitieux et réaliste que la vision étriquée et nombriliste de densification du bâti dans les zones à risques : inondations et peut-être demain affaissements miniers.
Les territoires de cet axe présentent une orographie parfaitement adaptée à un développement harmonieux d’infrastructures (accès et toutes dessertes), avec des impacts sur le milieu physique et humain, plutôt relativement modérés[15].
Mais ceux des élus locaux, défavorables au PPRI, qui ont des ambitions à court terme, ne voient pas que le PPRI est une véritable chance inespérée pour le développement de la région d’Alès et donc d’Alès[16].

9 - Témoignages

Beaucoup d’inepties et de contre vérités ont été dites au cours et autour de la réunion au Capitole. Heureusement l’enquête publique est un authentique espace de vraie liberté et un temps important pour éclairer la population. Aussi je considère à cette occasion comme un devoir citoyen que de rétablir quelques vérités et témoignages sincères.

9.1 - La zone commerciale de la Prairie

La grande surface Hyper U et ses parkings ont été inondés en 2002 (20 à 40 cm selon les témoignages et peut-être davantage en s’approchant du ruisseau des Dupines) et a dû fermer aux clients pour remettre en ordre le magasin. Lors de la fête de leur 20e anniversaire, célébrée au CAPRA, les dirigeants d’HYPER U ont projeté une vidéo retraçant les 20 ans d’existence et montrant en particulier les employés nettoyant le magasin après inondation. Je pense qu’il serait utile au déroulement de l’enquête, Monsieur le Président de la Commission d’Enquête, que vous puissiez visionner cette vidéo où l’on voit le personnel du magasin écoper et nettoyer les laisses de crue : notamment dépôt de boue important.
On ne comprend pas pourquoi l’espace de la zone commerciale fait l’objet d’une différence avec sa périphérie, en apparaissant comme une île qui serait épargnée par les inondations ?

Au droit du croisement du ruisseau des Dupines et de la rocade l’eau a submergé le chemin ; à une vingtaine de mètres à l’amont de l’ouvrage, on a observé plus de deux mètres de hauteur d’eau (laisses de crues visibles sur la façade de l’ancienne maison riveraine). La section hydraulique de l’ouvrage insuffisante d’une part, et la construction d’un mur sur la tête amont de l’ouvrage empêchant le passage de l’eau sur l’ouvrage ont été sans doute en grande partie responsable de l’inondation de la zone du magasin Hyper U.

Plusieurs personnes du quartier de la Prairie se demandent comment seraient mis en sécurité tous les clients qui fréquentent les commerces de la zone d’Hyper U et de son environnement, surpris par une inondation : système d’alerte, zones d’accueil hors d’eau, secours, évacuation ?

9.2 - Le chemin des Prairies

En 1958 j’ai moi-même traversé le pont Neuf quelques minutes avant sa submersion par les flots.
J’étais à pied, et en arrivant devant le Bar au droit du pont en rive droite j’ai très vite eu de l’eau jusqu’à la poitrine. Pour rejoindre mes amis, j’ai traversé le jardin à l’arrière du Bar pour atteindre le chemin des Prairies. Sur le chemin il y avait environ 40 à 50 cm d’eau déferlant à une vitesse telle que je n’ai pas pu (malgré la forme de mes 19 ans) traverser la rue à cet endroit : je me sentais irrésistiblement emporté par le courant. J’ai dû remonter la rue vers l’amont pour pouvoir enfin et très difficilement traverser.

A l’extrémité aval du chemin des Prairies, au croisement avec le chemin des Sports, se trouvait une bergerie. Les moutons ont été emportés par les flots sur le chemin des Sports, et le propriétaire a dû sa survie en montant sur le toit de son camion, puis sur un mur de pierre (il existe toujours) par lequel il a pu rejoindre les dépendances de la ferme voisine, l’eau atteignant vraisemblablement une hauteur de deux mètres environ.

La ferme que vous voyez sur la photo 26 du rapport de la DDTM (reproduite ci-dessous) est située chemin des Prairies. Derrière le grand portail en cintre, et contre pour le maintenir fermé, se trouvait le camion Renault servant pour le transport du maraîchage au marché de gros.
Hé bien, la force du courant était telle en 1958 que le portail a été enfoncé, et le camion s’est retrouvé au milieu du jardin plusieurs dizaines de mètres plus loin.

9.3 - La rue des Jardins

Dans la rue des Jardins où se trouve, à ma connaissance, le plus ancien mas de la Prairie (certainement plus de 300 ans), on observe une construction en maçonnerie de hauteur visible environ deux mètres et de grande épaisseur (épaisseur augmentant encore avec la profondeur : mise en évidence par des travaux d’assainissement et d’adduction d’eau en 1970) dans le prolongement du Mas vers l’aval. Cette construction montre sans aucun doute que le Gardon a coulé le long de cette digue dans ce qui est devenu aujourd’hui la rue des Jardins.

Si vous le souhaitez Monsieur le Président de la Commission d’Enquête je peux vous accompagner pour une visite sur les lieux, et vous développer mon témoignage.

9.4 - La crue de 1907
Le rapport des Services de l’Etat rapporte le témoignage suivant TRES IMPORTANT : "… Crues des 26 au 29 septembre 1907 : …" "… les arches du pont Vieux et du pont de Rochebelle étaient couvertes par l’eau qui, ne trouvant plus de place dans le lit de la rivière, se répandaient avec force au-delà de ses berges (..) Vers vingt heures trente, le quartier du quai de la Comté (quai Boissier-de-Sauvages) fut particulièrement éprouvé par la crue subite du Gardon (…) Le quartier du Vieux Marché, la Place de la Révolution, la Grand’Rue et la place de la République furent inondés ainsi que tout le quartier des Tempéras. Le moulin de Berthole fut submergé (…) La ville fut isolée de trois côtés …".

10 - Proposition de compléments au PPRI

Compte tenu notamment des remarques (§ 6.1 commentaires ci-dessus) concernant les crues de 1907, 1861 et 1846, il apparaît clairement que les parties basses de la ville en rive gauche (Grand’Rue jusques et y compris la place de l’Abbaye, et toutes les parties basses autour du bas de la rue d’Avejan et au-delà vers l’aval) doivent être considérées comme Zones urbanisées inondables par un aléa fort.
Dans ces parties basses de la ville la situation est particulièrement critique : l’eau qui s’y accumulerait ne pourrait pas être rapidement évacuée. Les exutoires sont nettement au dessous des plus hautes eaux.
La même inondation, dans le quartier de la Prairie, par débordement au niveau du pont vieux, n’aurait pas les mêmes conséquences que dans la ville ; les eaux pouvant s’écouler vers l’aval dans le lit majeur du Gardon en empruntant les anciens lits mineurs tel le chemin des Dupines et le chemin des Prairies par l’avenue Jules Guesde. Dans la partie haute (appelée la Haute Prairie) les eaux, pouvant s’écouler plus facilement par toutes les voies en pente vers l’aval, n’atteindraient pas de grandes hauteurs, et iraient se stocker dans la vaste plaine de la Basse Prairie. Dans la Haute Prairie le danger proviendrait surtout de la vitesse des eaux torrentielles. C’est le phénomène que j’ai pu constater en 1958 dans le chemin des Prairies confer § 9.2 ci-dessus.

Par ailleurs dans le quartier de la Prairie la zone de l’HYPER U a été inondée notamment, comme indiqué ci-dessus par le ruisseau des Dupines. Si l’on considère deux phénomènes concomitants déjà observés et parfaitement prévisibles (crue du Gardon et crue du ruisseau des Dupines) cette zone devrait être considérée comme Zone urbanisée inondable par un aléa fort ; comme c’est le cas pour sa périphérie immédiate, qui a vu son aléa accru par toutes les constructions réalisées de part et d’autre de la rocade.

11 - Conclusion

Je n’évoque pas les contraintes inhérentes au PPRI. Vu les échos d’élus et de particuliers, lors des réunions du Capitole et de l’Ecole des Mines en particulier, je ne doute pas que ces contraintes soient largement développées lors de l’enquête. Je m’en tiens pour ma part à la nécessaire défense du PPRI.

Ainsi, des crues telles que celles de 1907, qui ont submergé la ville basse, bien qu’il y ait eu ces champs d’expansion en rive gauche amont de la ville (Prés Saint Jean) et en rive droite au droit et en aval de la ville (Rochebelle, Prés Rasclaux, Prairie), auraient aujourd’hui, à cause des endiguements réalisés, des conséquences beaucoup plus dramatiques : débordements plus importants, plus violents, avec des vitesses accrues des eaux. Et qu’en serait-il du retour de la crue de 1861 ou de la crue de 1846, un mètre plus haute qu’en 1907 ?

Il existe des solutions et des dispositions techniques, ainsi que des méthodes de gestion de la rivière qui peuvent sensiblement améliorer la situation, et qui n’ont pas à ce jour été expérimentées, au moins pour le Gardon à Alès.

En conséquence je propose, Monsieur le Président de la Commission d’Enquête :
- D’inscrire au PPRI celles des dispositions décrites à la page 2 § 3 "Que pourrait-on faire ?" de ma "Contribution aux débats sur le Gardon d’Alès du 26 août 2003", non encore totalement mises en place, et rappelées ci-dessous :
. Dégager le lit :
Tout d’abord il faut impérativement arrêter toute nouvelle construction en élévation dans le lit du Gardon. Et si l’on veut vraiment être efficace, il faut même reconsidérer certains ouvrages, tels que banquettes en gravier, enrochements artificiels non stabilisés ou erratiques ; même le barrage du pont de La Prairie doit être remis en question.
Il faut opérer un grand nettoyage et enlever du lit tous les éléments instables susceptibles d’alimenter les embâcles : textiles et objets divers, arbres de haute futaie, massif d’arbrisseaux trop denses.
. Pérenniser les protections,
Il fautassurer la pérennité des ouvrages de protection.
Pour cela il faut fixer le fond du lit du Gardon par la construction de seuils en dur, disposés de place en place. Ces seuils arrêtent le surcreusement du lit, et donnent une bonne régularité au profil en long (allure du fil d’eau). Le dispositif est complété en disposant à intervalles réguliers, entre les seuils, de petits épis, d’une dizaine de mètres de longueur, construits suivant le même principe.
. Entretenir le lit,
Une bonne démarche d’entretien consiste à intervenir, d’une part avant que les arbres ne soient trop grands (moins cher à traiter), d’autre part à surveiller les berges et à effectuer les réparations avant que les désordres ne prennent de l’ampleur (plus tôt on intervient et moins c’est cher à traiter).
. Equipes d’intervention,
Pour faire face aux crues, des équipes d’intervention, mobilisables rapidement en cas d’alerte, doivent être constituées et entraînées aux tâches à accomplir.
Eu égard au caractère exceptionnel de ces événements les équipes, coordonnées par la puissance publique, doivent s’adjoindre les capacités humaines et matérielles des entreprises de travaux publics.
Afin de mieux se connaître et d’être parfaitement opérationnelles, à l’approche des précipitations d’équinoxe, les équipes sont réunies pour simuler une intervention.
Par exemple, une des missions décisives de ces équipes consiste à se placer aux têtes des ponts notamment pour empêcher et combattre la formation des embâcles.
. Dispositif d’alerte,
Dès l’annonce de précipitations exceptionnelles susceptibles d’entraîner des désordres ou des crues :
- Les équipes d’intervention doivent être mises en alerte, en confirmant à chacune son lieu d’intervention.
- La population directement exposée doit être alertée de l’imminence du danger afin qu’elle puisse prendre toute disposition conservatoire de son patrimoine, et le cas échéant, évacuer hors des zones à risques en des sites préalablement désignés.
Remarque : Cette disposition de prévention de la population a déjà été en grande partie mise en place.
. Adapter les règles d’urbanisme,
Les permis de construire doivent comporter des prescriptions visant à réduire le ruissellement et à maintenir les eaux pendant les fortes précipitations.
. Aménagements publics,
Pour ce qui relève des pouvoirs publics, dans toutes leurs actions d’aménagement, ils doivent tout considérer pour créer autant d’ouvrages possibles de retenues des eaux de pluie, même très modestes.
Remarque : Ces dispositions constructives ont déjà été en grande partie mises en place.
- De préciser dans le rapport du PPRI les contrôles obligatoires concernant le nettoyage et le dégagement du lit des cours d’eau, et les dispositions coercitives appropriées (par exemple travaux réalisés d’office par les Services désignés aux frais des riverains défaillants).
- De préciser au PPRI que la ville d’Alès doit lancer les études pour réaliser une travée de décharge supplémentaire en rive droite du pont Neuf. Et de déplacer le barrage à l’extrémité aval du nouveau mur d’endiguement à sa jonction avec la partie conservée du même mur.
- De compléter le PPRI par une meilleure protection des parties basses de la ville qui doivent être classées en Zones urbanisées inondables par un aléa fort.
- De reconsidérer la zone d’Hyper U, après vérification des hauteurs d’eau cumulées (crue du Gardon plus pluie exceptionnelle locale dans le bassin du ruisseau des Dupines avec un ouvrage sous la rocade à section hydraulique très insuffisante et fermée au dessus par un mur à l’amont) qui, me semble-t-il, devrait être classée en Zone urbanisée inondable par un aléa fort.
- D’insérer au PPRI les arrêtés préfectoraux autorisant les travaux effectués dans le Gardon par la ville d’Alès depuis 2002 (curage du lit avec enlèvement massif de graviers, risbermes le long de la base des murs et perrés d’endiguement, piliers de maintien du giratoire en rive gauche du pont Neuf, barrage du plan d’eau), afin que le Tribunal Administratif puisse en vérifier la légalité.

Par son exhaustivité et sa précision le PPRI éclaire les citoyens sur les zones d’ombre dangereuses que recèle la vallée du Gardon, et méconnues de beaucoup d’entre eux ; confer toutes les catastrophes anciennes ou récentes, en particulier le 15 juin 2010 dans le département du VAR.
Par la qualité et la pertinence des dispositions qu’il instaure, il va permettre le traitement efficace de ces dangereuses zones d’ombre.

En conclusion, Monsieur le Président de la Commission d’Enquête, le PPRI étant, au regard de la sécurité des biens et des personnes, strictement d’Intérêt Général, il doit être Déclaré d’Utilité Publique.

12 - Remerciements

Je remercie les Services de l’Etat pour l’excellent travail effectué, ainsi que pour la présentation remarquable et convaincante du PPRI, lors de la réunion publique à l’Ecole des Mines. Je remercie également toutes les personnes qui vont contribuer à la déclaration d’utilité publique du PPRI que nous attendons depuis bien longtemps.

Le Gardon aura toujours le dernier mot !

Il départagera, si besoin est,

Les cupides et dangereux détracteurs du PPRI,

Et les citoyens conscients et désintéressés qui le soutiennent.

Préparons-nous !

Le GARDON a débordé souvent et il débordera encore … !

C’est pour cela que le PPRI est VERTUEUX.

* * *

*


[1]Photo issue du sitehttp://macevenne.free.fr/

[2]Consultation téléphonique exposée dans le mensuel n° 28 d’avril 2004 du "Grand Alès" http://demain.assembleerepublique.fr/spip.php?article57

[3] Voir le lien ci-dessous, "Rapport crue septembre 2002" : http://demain.assembleerepublique.fr/spip.php?article4

[4] Dès lors l’information, ne serait-elle pas partiale ? N’aurait-elle pas un caractère alarmiste de nature à constituer une manipulation ? Ainsi les intérêts personnels et matériels seraient-ils plus importants que l’intérêt général et les intérêts vitaux ?

[5] Voir le lien sonorisé, "Le savant et le sablier" : http://demain.assembleerepublique.fr/spip.php?article3


[7] Ce mode d’expression imagé, est destiné aux seules personnes non averties, qui seraient susceptibles de lire le présent document, sans notions d’hydraulique.

[8] Les riverains du chemin des Prairies notamment ont pu ramasser des poissons échoués ici et là le long des propriétés.

[9] Voir le lien sonorisé, "Le savant et le sablier" : http://demain.assembleerepublique.fr/spip.php?article3

[10] Voir le lien ci-dessous, "Le Gardon dans la ville d’Alès" : http://demain.assembleerepublique.fr/spip.php?article49

[11] L’entreprise à laquelle les travaux ont été confiés avait-elle les références pour un tel ouvrage ? Ou bien la gêne à la circulation pendant les travaux était-elle trop importante ? Ou bien … ? L’impact hydraulique, moins visible au moment des travaux, a été préféré à la Protection des Risques Inondation !

[12] Nous sommes loin des actions nombrilistes de certains responsables visant à conserver leurs rentes de situation à la charge des citoyens auxquels on demanderait de se battre contre l’Etat pour l’empêcher de défendre l’Intérêt Général.

[13] Confer la lettre d’infos du Service de l’Urbanisme de la ville d’Alès - Mai 2010 - : "… Malgré ce, les services de l’Etat nous imposent de mettre à l’enquête d’Utilité Publique un Plan de Prévention des Risques Inondation …". Un responsable politique, digne de ce nom, élu au suffrage universel devrait, sans qu’on lui imposât, appeler de ses vœux la mise en œuvre d’un PPRI.

[14] Ainsi la fatalité, derrière laquelle se réfugient trop souvent nombre de responsables (irresponsables) décideurs, ne devrait pas pouvoir être invoquée.

[15] Cette question ne rentrant pas directement dans les préoccupation du PPRI je ne développerai pas davantage mon propos ici.

[16] Evidemment, ne serait-il pas incompatible avec d’éventuelles ambitions électoralistes ? Ou bien avec la recherche d’éventuels intérêts ou profits immédiats que pourraient nourrir d’hypothétiques promoteurs ?


Documents joints

PLAN DE PREVENTION DES RISQUES INONDATION (...)
PLAN DE PREVENTION DES RISQUES INONDATION (...)
Téléchargez la Première Partie : Le GARDON a débordé souvent et il débordera encore … ! C’est (...)
CONTRIBUTION AUX DEBATS SUR LE GARDON A ALES (...)
CONTRIBUTION AUX DEBATS SUR LE GARDON A ALES (...)
Téléchargez la Deuxième Partie : Le GARDON c’est quoi ?

Commentaires

Navigation

Articles de la rubrique